03.03.2012

Identifier les situations favorables aux 2 et 3-barrels

Cash Game poker : Identifier les situations favorables aux 2 et 3-barrels

Julien Nuijten, vainqueur de l'étape de Rio de Janeiro du PokerStars Latin American Poker Tour en 2008 et chroniqueur pour PokerNews, aborde aujourd'hui le thème des 2-barrels et 3-barrels en cash game online. Plus le jeu devient agressif, moins faire un simple continuation bet au flop devient efficace et il faut souvent continuer d'agresser sur le turn et la river.

Poursuivre l'agression après un continuation bet

Dernièrement, je me suis penché sur les situations où 2-barrel et 3-barrel (poursuivre son agression en misant sur deux ou trois streets consécutivement). Lorsque l'on joue à un certain niveau, tous nos adversaires sont familiers avec le principe du continuation bet et ne les respecteront pas souvent. En conséquence, beaucoup de continuation bets sur le flop seront suivis et si vous n'avez pas une main qui a touché quelque-chose, vous allez perdre le pot contre une main marginale.

Afin d'éviter cela, il y a deux possibilités. Soit faire moins de continuation bets ou continuer de miser sur la turn et la river. Ces deux options ont leurs avantages et leurs inconvénients et la plupart du temps, les deux sont envisageables. Mais, je me suis intéressé aux 2-barrel et 3-barrel car cela me semble plus profitable que simplement abandonner le pot.

Si vous jetez souvent vos mains en pensant créer trop d'action avec un continuation bet, il sera facile de vous exploiter si vous n'ajustez pas votre sélection de mains préflop. Si vous continuez de relancer beaucoup de mains en fin de parole, vos adversaires vont vous suivre en étant en position et profiter de votre jeu weak-tight (joueur qui ne joue que lorsqu'il a une main forte). De ce fait, vous deviendrez passif pré-flop, puisque le fait de jouer des mains marginales est profitable surtout grâce à la fold equity (chances de faire coucher une main). Cette stratégie n'est pas la meilleure pour le poker en ligne. En live, ça peut être différent sur des tables de 10 joueurs où tout le monde aime aller voir le flop même s'il y a eu une relance. Cela conduit à voir plus de flops dans des pots multy-way (avec plusieurs joueurs). Dans ce cas, il est très difficile d'être profitable en jouant pour la fold equity dans la mesure où dans un pot multy-way, il est probable qu'au moins un joueur ait une main forte.

La plupart de mes gains en ligne proviennent de mon style agressif qui me permet de gagner plus de mains que mes adversaires, qui se contentent d'attendre de toucher un flop. Toutefois, ne commencez pas à être agressif à tort et à travers. Votre variance exploserait et les bons joueurs gagneraient beaucoup plus contre vous. Assurez vous de toujours choisir les bonnes situations pour poursuivre votre agression et garder le contrôle. Ne vous mettez pas à miser 3 streets consécutivement juste parce que vous pensez que votre adversaire n'a pas une main très forte.

Choisir les spots où 2-barrel et 3-barrel

Il y a quatre facteurs à prendre en compte pour décider de 2-barrel. D'abord l'éventail de mains avec lequel vous pouvez être suivi en ayant misé la street précédente. Si cette range est large, il est probable que vous ne soyez pas confronté à une main forte, ce qui augmente votre fold equity. La texture du board a une influence considérable sur le type de mains qui va payer votre continuation bet. Sur un flop Q-8-7 avec un tirage couleur, beaucoup plus de mains sont susceptibles de payer que sur un flop A-7-2 dépareillé.

Le profil de l'adversaire est aussi important. Certains joueurs aiment suivre sur le flop de temps en temps et passer sur la turn face à une nouvelle mise. Connaître le pourcentage de fois où un joueur se couche face à un continuation bet (%fold to C-bet) est d'une aide précieuse pour identifier le jeu post-flop d'un adversaire et aura une grande influence sur votre décision.

Vous n'avez pas une main forte sur le flop, mais la turn peut vous apporter quantité de tirages et donc des outs supplémentaires pour gagner la main. Si votre main n'a toujours pas de showdown value (chances de gagner à l'abattage) mais des outs pour un tirage, vous avez besoin de moins de fold equity pour que miser soit profitable : quand vous êtes payé, vous compléterez parfois votre tirage pour gagner le pot.

La dynamique de la partie est également très importante contre certains adversaires. Il faut prendre en considération l'historique que l'on a avec un adversaire, comment s'est déroulée la session jusque là. Si je pense qu'un joueur commence à devenir suspicieux quand je mise un 2-barrel sur la turn pour la quatrième fois de suite, j'y réfléchie à deux fois avant de 2-barrel. Beaucoup de joueurs vont réagir en ne respectant pas votre mise. A ce moment, vous aurez intérêt à avoir une main assez forte. Pour 2-barrel ce type de joueur. C'est moins important en ligne, car le jeu est plus rapide qu'en live et que les joueurs sont en général moins attentifs en ligne qu'ils ne le sont en live. C'est un aspect du poker en ligne qui est à mon avis sous-estimé et rarement utilisé.

Un autre point important est de savoir si des scare cards apparaissent sur le board, c'est-à-dire des cartes qui ont probablement améliorées votre main du point de vue de votre adversaire et qui, en même temps, n'ont probablement pas aidé la main de votre adversaire.

Contre les joueurs faibles, il assez simple de savoir quelles cartes vous permettent de poursuivre votre agression après le flop. Votre adversaire va d'abord regarder la force de sa main sans se préoccuper de la probabilité que ce flop particulier ait vraiment amélioré votre main ou non. Vous pouvez également utiliser les scare cards turn et river contre des joueurs faibles qui suivent trop sur le flop sans réfléchir à la situation.

Lorsque l'on joue contre de bons joueurs cela se complique. Nous aborderons la question dans une seconde partie avec des exemples de mains concrets.


Lire plus: http://fr.pokernews.com/strategie/identifier-les-situations-favorables-aux-2-et-3-barrels-5848.htm

Stratégie : Passer du poker en ligne au poker live

Depuis le Black Friday, beaucoup de joueurs de cash-game online ont dû se mettre au Poker Live. Et certains ont éprouvé pas mal de difficultés à adapter leur jeu au style et à la stratégie de leurs nouveaux adversaires, sans parler du changement de volume. Kristy Arnett a discuté avec deux joueurs qui ont expérimenté cette transition et sont maintenant coachs sur StackEmCoaching, Jaymes Rosenthal et Jon Hemmer.

- La principale différence entre le jeu live et le jeu online selon vous ?
- La première d'entre elles, notamment sur les limites les plus basses, c'est que le jeu Live est loin d'être aussi agressif que le jeu en ligne. Dans les casinos ou les cercles de jeu, les tables de NLHE à 1$/2$ ou 1$ /3$ sont beaucoup plus 'soft' que leurs contreparties sur Internet. Du coup, il faut miser plus souvent. En ligne, avec une main forte, je préfère en général checker jusqu'au relanceur intial avant de le check-raise. Mais en Live, vous ne pouvez pas toujours attendre de votre adversaire qu'il mise au turn ou à la rivière avec top pair, top kicker. Du coup, on gagne plus de 'value' à miser directement.

Il y a aussi beaucoup moins de 3-bet et de 4-bet en Live, ce qui conduit à certains ajustements pré-flop. Enfin, il y a aussi plus de limps, ce qui conduit à miser plus gros pour isoler.

- Pouvez-vous nous donner quelques exemples de situations où il vous apparaît plus profitable de miser ?
- Bien sûr. A chaque fois que vous payez une relance hors-de-position puis que vous prenez l'initiative de miser, ça s'appelle un 'donk bet'. Vous volez l'initiative au relanceur initial alors que, normalement, vous devriez plutôt checker et laisser votre adversaire miser.

Les tableaux favorables au 'donk bet' sont ceux qui sont super-connectés, du style Huit-Neuf-Dix. Si quelqu'un a As-Roi, il va avoir du mal à vous revenir dessus ; vous pourriez avoir touché un tirage , deux paires, un brelan.... Donc, il va se contenter de coucher une très grande partie de ses mains. Il est aussi possible d'effectuer des 'donk bets' sur des tableaux 'secs' plus souvent en live que sur internet parce que les joueurs live seront moins nombreux à contre-attaquer. Ils se coucheront régulièrement. Enfin, il est important de miser à la rivière pour 'value' parce qu'en live, les joueurs font beaucoup moins de 'value bets'. Du coup, quand vous complétez votre main sur la dernière carte, genre deux paires ou une couleur, il est très souvent correct de miser pour la rentabiliser. En live, il faut oublier le 'pot control' et beaucoup plus penser à valoriser ses bonnes mains.

- Ok, donc il ne faut pas hésiter à miser plus souvent live. Mais beaucoup de joueurs perdent de la 'value' en calibrant mal leurs mises, notamment à la rivière. Un conseil ?
- La règle de base c'est que plus notre mise pour 'value' est 'thin' et plus la taille de cette mise doit être petite. Mais en fait, tout dépend de la manière dont la taille de votre mise va influencer la décision de votre adversaire. Dans un spot où notre main est polarisée (soit les nuts soit un bluff, en gros), il vaut mieux miser gros. Dans des spots où votre adversaire se sent plus en danger, misez plus petit pour faciliter un 'hero call'. Maintenant, ça dépend aussi du niveau de votre adversaire : En règle générale, effectivement, il vaut mieux miser moins cher avec le bas de son éventail de mains mais, contre des 'regulars', qui sont capables de déchiffrer vos tailles de mise, c'est un mauvais plan de jeu car ils en tireront partie. Vous ne voulez pas devenir trop lisible.

- Quelle est selon vous la clé pour pouvoir vivre du poker en live, que ce soit à la table ou en dehors ?
- La sélection de table est importante. Qu'il s'agisse des joueurs ou des croupiers car certains ne sont vraiment pas des flèches et distribuent beaucoup trop lentement, ce qui fait chuter votre volume de mains jouées par heure. En parlant de volume, un point important pour en vivre est de ne pas compter ses heures. 15h ou 20h par semaine, en se prenant des vacances fréquentes, ce n'est vraiment pas l'idéal. Il faut savoir ce que l'on veut. Gagner sa vie au poker, c'est un métier.

Lire plus: http://fr.pokernews.com/strategie/strategie-poker-en-ligne-poker-live-10933.htm

20.02.2012

le cold 4 bet

Stratégie poker : le cold 4 bet, une arme puissante

Lors du dernier podcast de Pokernews Strategy, Kristy Arnett a rencontré le joueur de poker Quinn Sivage pour parler de concepts stratégiques très en vogue en no limit hold'em : le cold 4-bet préflop et le minraise au bouton.

Aujourd'hui nous écoutons son avis sur le "Cold 4-bet", coup consistant à sur-relancer un 3-bet préflop en no limit hold'em, 'cold' signifiant qu'on entre dans le coup sans être encore impliqué dans le pot.

Ce genre de situations arrive généralement lorsqu'un joueur ouvre en fin de parole et qu'un joueur derrière lui décide de le contre. Lorsque les deux joueurs agissant ainsi le font avec des sélections de main assez larges et suffisamment souvent, le cold 4-bet consiste ainsi à les surprendre avec une sur-sur-relance en bluff.

Selon Quinn Sivage, peu de joueurs pratiquent encore le cold 4-bet de façon régulière mais ce move devient de plus en plus à la mode chez les sharks du poker online et les grands joueurs de poker live. Si vous voulez en discuter le sujet est ouvert sur le forum Pokernews France où vous pouvez discuter stratégie avec les meilleurs joueurs du forum.

Le cold 4-bet : une arme puissante et sous-utilisée

Quinn Sivage : « L'idée du cold 4-bet n'est pas nouvelle en soi, mais beaucoup de regs* ne l'ont toujours pas intégré dans leur jeu. Si vous savez que le joueur au bouton vole les blinds une fois sur deux et que le joueur en petite blind re-steal* entre 12% et 14% du temps, c'est un super spot pour envoyer un tout petit cold 4-bet. C'est juste un coup incroyablement puissant que les joueurs n'utilisent pas assez.

« Je sais que Andrew Seidman 'Balugawhale' a expliqué dans votre premier podcast que lorsque les joueurs sont polarisés, ils ont soit des mains très fortes, soit des mains très faibles, ce qui revient à dire qu'ils auront souvent une main faible car au hold'em il est rare d'avoir des mains très fortes. Je pense que c'est vrai, sauf que certains joueurs ne 4-bet jamais avec une main faible.

Ils ne sont pas polarisés s'ils cold 4-bet juste le top de leur range*. Si vous regardez leurs statistiques, et cela indique 2% ou 3% seulement, je devine qu'il ne le fera qu'avec paire de Valets ou mieux, plus As-Roi. Vous avez là vos deux ou trois pour-cents. Je sais ainsi que ce joueur ne 4-bet que pour value*, ce qui est une erreur.

* regs = joueurs réguliers
* resteal = sur-relancer en fin de parole avec une large sélection de mains contre un vol de blinds manifeste

* range = sélection de main
* value = valoriser la meilleure main

Équilibrer sa range de cold 4-bet

Quinn Sivage : « Quand vous faites un cold 4-bet, vous pouvez le faire tout petit et tout gentil. Vous pouvez mettre 22 big blinds, ce qui vous en fait risquer 21 pour en gagner environ 19. Pour être profitable vous devez provoquer un fold la moitié du temps ici. Si vous faites un 4-bet dans cette situation avec paire de 10 ou mieux et As-Roi, vous pouvez équilibrer cette sélection en y rajoutant des bluffs avec As-3 assortis jusqu'à As-6 assortis, tous les Dame-Roi et tous les As-Dame.

Je choisis ces mains juste parce qu'elle ont des bon bloqueurs*. C'est une bonne façon d'équilibrer votre range et vous ferez monter vos stats de 4-bet à environ 6%. »

Lire plus: http://fr.pokernews.com/strategie/strategie-poker-cold-4-bet-quinn-sivage-podcast-10833.htm